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Daudé & Maison Poursin : la « passion laiton » qui habille le luxe

16 juin 2026 par
RH

Quel est le point commun entre un sac Louis Vuitton et l'uniforme d'un policier français ? À première vue, aucun. Et pourtant, demandez la question à Karl Lemaire, patron du groupe AC-DIS, et il vous répondra sans hésiter : « un rivet Daudé et une boucle de la Maison Poursin ». La même phrase pourrait s'appliquer à un harnais de la Garde républicaine et à une paire de souliers John Lobb. Bienvenue dans l'univers fascinant du laiton de luxe.


L'homme qui sauve les manufactures


Karl Lemaire se présente avec un sourire : « Karl, pas Lagerfeld ». Pourtant, à sa manière, lui aussi participe à la grandeur du luxe à la française. Depuis 2002, ce passionné de patrimoine industriel rachète, l'une après l'autre, les manufactures historiques d'accessoires métalliques qui font la beauté discrète des plus beaux objets de mode.

À son tableau de chasse : la fonderie d'étain Atelier Montlouis (sauvée en 2002), Daudé (1828, reprise en 2012, l'inventeur même de l'œillet métallique et du rivet), la Maison Poursin (1830, dernière bouclerie de luxe encore en activité à Paris, rachetée en 2016) et plus récemment Eurofac Industries (1929, dans l'Orne). Quatre noms, quatre histoires, un même fil rouge : préserver un savoir-faire menacé.

De Napoléon III à la Garde républicaine


 L'histoire de la Maison Poursin donne le vertige : elle fournissait déjà Louis-Philippe et Napoléon III au XIXe siècle. Aujourd'hui encore, elle équipe certaines cavaleries royales d'Europe et la Garde républicaine. Quant à Daudé, ses rivets et boutons-pression se retrouvent aussi bien sur les sacs de luxe que sur les tenues militaires et les uniformes de police.

Côté clientèle mode : Lanvin, Louis Vuitton, Lagonda, John Lobb, Chapal, La Botte Gardiane… et aussi de nouvelles marques à l'approche plus slow, comme Le Soulor ou Asphalte. Un grand écart maîtrisé entre tradition séculaire et modernité.

#PassionLaiton : pourquoi ce métal change tout

 

Dans toutes les manufactures du groupe, une obsession commune : le laiton. Karl Lemaire en parle comme on parlerait d'un être cher.

« Ici, on est très #passionlaiton. »

Et pour cause : ce métal noble a des qualités qu'on ne soupçonne pas. Il ne se casse pas, il ne s'oxyde pas, et surtout — détail rare — il s'embellit avec le temps, gagnant en patine et en caractère. Il est durable, recyclable… et possède même des propriétés antibactériennes récemment redécouvertes : certains hôpitaux équipent désormais leurs poignées de porte de laiton pour limiter la transmission des bactéries.

Bref, un matériau qui coche toutes les cases du luxe et de l'écologie. Difficile de faire mieux. 


Le numérique d'un côté, le cliquetis centenaire de l'autre


Là où Karl Lemaire fait fort, c'est dans son refus du dogmatisme. Chez Daudé et Eurofac, on travaille avec des outils numériques modernes pour répondre aux gros volumes industriels. Mais chez Maison Poursin, il a conservé religieusement les machines centenaires, dont certaines datent de la fin de la Première Guerre mondiale.

Pourquoi ? Parce que leur cliquetis est irremplaçable, et qu'elles produisent une qualité que nulle technologie récente n'a pu égaler. Un siècle d'usage, d'entretien manuel et de gestes répétés a forgé une précision qui ne se programme pas.


Le passé conjugué au présent

Et la prochaine fois que vous attachez un sac de luxe, que vous croisez un policier en uniforme ou que vous admirez une selle de la Garde républicaine, vous saurez désormais que ces objets, en apparence si différents, partagent en réalité un même petit éclat doré : celui d'un savoir-faire français qui, grâce à un homme, n'a pas disparu.