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Daudé Fabrication : 1828, l'année où tout a commencé

25 mai 2026 par
RH

 

 On connaît Daudé Fabrication pour ses boutons-pression, ses rivets et ses œillets, vendus aux plus grandes maisons de luxe et même à l'armée française. Mais on connaît beaucoup moins l'histoire qui se cache derrière cette entreprise. Une histoire qui démarre en 1828, qui traverse presque deux siècles, et qui a failli s'arrêter… avant qu'un homme ne décide de la sauver.


L'inventeur de l'œillet métallique et du rivet


Remontons le temps. Quand l'entreprise Daudé est fondée en 1828, elle ne fabrique pas n'importe quoi : elle est tout simplement à l'origine de l'invention de l'œillet métallique et du rivet. Deux objets qui ont, depuis, équipé des milliards de vêtements, chaussures, sacs, équipements militaires et industriels à travers le monde.

 À son apogée, dans les années 1980, Daudé comptait jusqu'à 2 000 salariés. Une véritable institution industrielle, héritière d'un savoir-faire transmis de génération en génération… et menacée, au début des années 2000, par la même vague de délocalisation qui a balayé tant d'autres manufactures.

C'est là qu'entre en scène Karl Lemaire, fondateur du Groupe AC-DIS (société française de négoce d'accessoires métalliques créée en 1994). Autodidacte, passionné par le patrimoine industriel français, il s'est donné une mission : sauver les manufactures menacées, préserver l'outil de production et transmettre les savoir-faire avant qu'ils ne disparaissent pour toujours.

En 2012, il reprend Daudé. L'entreprise est ramenée à une taille plus modeste — quelques dizaines d'ouvriers — mais l'essentiel est sauvé : les machines, le savoir-faire et la fidélité des grands clients du luxe, de l'armée et de nombreux autres secteurs exigeants. Aujourd'hui, c'est notamment sur le site de Braine-le-Comte, en Belgique, que cette tradition se perpétue, à coups de feuillard laiton et inox emboutis pour façonner les pièces qui orneront sacs de luxe parisiens, uniformes militaires et tapis automobiles haut de gamme.

 2012 : un sauvetage in extremis

Un sauveur de patrimoine industriel

Karl Lemaire n'en est pas à son coup d'essai. Avant Daudé, il avait déjà sauvé en 2002 l'Atelier Montlouis, fonderie d'étain parisienne qui équipait la bijouterie fantaisie des grandes marques des années 80 et 90.

Après Daudé, il a continué :

  • 2016 : reprise de la Maison Poursin, fondée en 1830, dernière bouclerie parisienne encore en activité. Ses boucles en laiton équipent l'attelage, le harnachement équestre et la maroquinerie de luxe. Détail fascinant : certains de ses « secrets de fabrication » résident dans des machines datant de la fin de la Première Guerre mondiale, entretenues à la main depuis plus de 100 ans, et qui produisent encore une qualité inégalée.
  • 2020 : reprise d'Eurofac Industries, fondée en 1929 dans l'Orne, spécialisée dans la fabrication d'accessoires métalliques haut de gamme en laiton matricé et usiné.

 

Bien plus qu'un repreneur : un passeur de mémoire

« Sauver ces manufactures, c'est préserver l'outil de fabrication, transmettre un savoir-faire et leur donner un nouvel élan pour que l'activité perdure et puisse se développer. » — Karl Lemaire

Ces mots résument toute une philosophie. Face à une mondialisation qui a longtemps tout délocalisé sans état d'âme, Karl Lemaire incarne un mouvement inverse : celui du respect du patrimoine industriel, du Made in France et du Made in Europe, et de la transmission de savoir-faire devenus rares.











La prochaine fois que vous 
voyez un rivet…

Souvenez-vous qu'il existe peut-être grâce à une décision prise en 2012, qui a permis à une entreprise née en 1828 de continuer à vivre. Et que sur les machines de Braine-le-Comte, ce sont presque deux siècles d'histoire industrielle qui continuent de tourner, jour après jour.